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| Éric Brassard sous son vrai jour |
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| Écrit par Simon Bédard |
| Dimanche, 11 Novembre 2012 21:55 |
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Après avoir connu un camp d'entraînement en montagnes russes et avoir forcé l'entraîneur-chef et directeur général des Olympiques de Gatineau, Benoit Groulx, à faire appel aux services du gardien de but ontarien Michael Nishi par le biais du ballotage, les carottes semblaient cuites. Elles semblaient tellement cuites que j'étais persuadé qu'Éric Brassard, qui aurait pourtant été appelé à seconder Robert Steeves s'il n'avait pas subi cette blessure maudite quelques semaines avant le début de la saison, allait devoir prendre son mal en patience et aller acquérir un meilleur bagage d'expérience dans un calibre inférieur cette saison.
Cette humble opinion, que partageaient d'ailleurs des milliers d'amateurs de la formation gatinoise, je me l'étais forgée suite au match préparatoire du 14 septembre dernier opposant les Gatinois aux Cataractes de Shawinigan, au centre Bionest. Pour la première fois depuis la partie numéro 4 de la série huitième de finale face à l'Armada de Blainville-Boisbriand au printemps dernier, j'avais l'occasion d'épier les moindres faits et gestes des Olympiques et disons que j'avais plutôt hâte de voir de quel bois se chauffaient les cerbères de l'équipe. Même si je n'étais plus attitré à la couverture du club sur une base quotidienne et que j'étais rentré au bercail entre temps, j'étais encore très au fait de ce qui se tramait dans les corridors du centre Robert-Guertin et admettons que je n'étais pas sans savoir que, pour une ixième saison consécutive, la situation des gardiens de but préoccupait une fois de plus la haute direction du club.
Pour l'occasion, Benoit Groulx avait décidé de confier la garde de son filet au jeune Éric Brassard pour l'intégralité de la partie. Porte-étendard des Icebergs de Harrington dans la QCHL en 2011-2012, l'adolescent de 6 pi 1 po et de 167 lb ne connaissait pas un camp étincelant jusque-là. Sans avoir offert de véritables contre-performances face à l'Armada et aux 67's d'Ottawa quelques semaines plus tôt, le jeune homme originaire de Longueuil n'était cependant pas parvenu à se démarquer du lot non plus. Du moins, pas pour un gars qui était d'abord pressenti afin de seconder le vétéran Robert Steeves en 2012-2013. L'ancien homme masqué du Titan d'Acadie-Bathurst s'étant toutefois bêtement blessé lors d'une séance d'entraînement quelques jours plus tôt, voilà qu'un poste de gardien de but partant était maintenant à la portée de Brassard et que s'il souhaitait convaincre ses patrons de lui octroyer le filet sur une base régulière cet hiver, il n'avait tout simplement plus le choix d'être à la hauteur des attentes à chacune de ses deux dernières sorties.
Je vous transporte directement en milieu de troisième période du duel mettant aux prises les Gatinois aux Shawiniganais. À ce moment-là, la visite menait 4-1 et voguait lentement mais sûrement vers sa seconde victoire du calendrier hors-concours. Pendant que le petit gardien de but des Cataractes de Shawinigan, Marvin Cüpper, multipliait les bijoux à l'autre extrémité de la surface de jeu, Éric Brassard, de son côté, n'était guère occupé. Mais ça, c'était avant que les Olympiques ne l'abandonnent carrément et qu'ils s'assoient sur leur joli coussin de trois filets. En un claquement de doigts, Brassard jouait soudainement son avenir immédiat en Outaouais. S'il tenait le coup et qu'il permettait aux siens de se sauver avec la victoire à l'enjeu, il allait sans contredit prendre du galon au sein de la hiérarchie du club. S'il ne parvenait pas à faire la différence, un doute de premier plan s'installerait alors dans l'esprit de Benoit Groulx et de ses adjoints et les chances de voir Simon Bergeron défendre le filet du club 24 heures plus tard n'auraient jamais été aussi plausibles.
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En quittant l'amphithéâtre de l'Avenue des Cèdres, j'avais le moral dans le talon. Premièrement, il faut dire que j'étais plutôt déçu que les Gatinois, comme vous l'aviez sans doute deviné, aient échappé un match qui était pourtant à leur portée et deuxièmement, je me sentais mal pour Éric Brassard. Je me sentais mal pour lui, car j'étais bien conscient que suite à ce revers crève-cœur, ses chances d'amorcer la campagne au « Vieux Bob » venaient de fondre comme neige au soleil. Le pire dans tout cela, c'est que ce n'était pas véritablement de sa faute. Bien qu'il ne m'ait aucunement impressionné ce soir-là et qu'il ait paru quelque peu mal à l'aise à certains moments devant sa cage, le principal intéressé serait sans doute parvenu à connaître une bien meilleure journée au boulot s'il avait reçu un peu plus d'aide de ses coéquipiers. En sentant que ses potes ne l'avaient pas laissé tomber et qu'il n'était pas laissé à lui-même à qui mieux mieux, le numéro 31 aurait sans doute été en mesure d'effectuer quelques arrêts de routine supplémentaires qui, en bout de ligne, auraient pu faire une grosse différence. Chose certaine, ça ne regardait pas bien pour ce dernier et disons que je n'étais pas encouragé par sa performance face aux jeunes Cataractes.
Métamorphose extrême
Je vous transporte maintenant du côté du Colisée Pepsi de Québec, là où les Remparts de Québec avaient rendez-vous avec les Olympiques de Gatineau le 28 octobre dernier. Pour la première fois depuis la fameuse rencontre du 14 septembre face aux Cataractes, j'avais enfin l'opportunité d'assister à un affrontement des Gatinois et de voir où ils en étaient rendus dans leur processus d'apprentissage. Le défi s'annonçait de taille et les chances de voir les visiteurs se sauver avec la victoire étaient bien minces, on en conviendra. Pendant que les équipiers de Benoit Groulx connaissaient un début de saison en deçà des attentes, ceux de Patrick Roy, de leur côté, faisaient flèche de tout bois et représentaient l'une des meilleures équipes de la Ligue canadienne de hockey au grand complet.
Confortablement installé dans les hauteurs du Colisée Pepsi, j'observais avec attention les deux formations fouler la surface glacée du Colisée avec entrain lorsque, soudainement, un amateur situé non loin de moi a lâché à son copain :
- « Les Olympiques envoient leur deuxième gardien de but face à une équipe aussi puissante que les Remparts? C'est quoi cette décision-là! ». - « Ouin c'est vrai, mais il joue quand même bien ces temps-ci. Ce n'est un si mauvais choix que ça », de rétorquer l'autre.
J'ai passé bien près d'intervenir et de rappeler à ce petit « Jo connaissant » que le « deuxième » gardien de but des Olympiques, comme il s'est amusé à l'appeler, jouait présentement du meilleur hockey que Michael Nishi et qu'il ne laissait tout simplement pas le choix à Benoit Groulx et à ses adjoints de l'employer. Lorsqu'on n’a pas le choix, on n’a pas le choix! Mais bon, je me suis gardé une petite gêne, quand même, et j'ai laissé la chance à Éric de lui prouver qu'il avait eu tort de le sous-estimer de la sorte.
Bon, les Olympiques ont peut-être subi un revers in extremis de 2-1 en temps réglementaire ce soir-là, mais s'il y a un joueur, outre Adam Erne, Tomas Hyka, Martin Reway et Émile Poirier, qui a captivé l'attention des 14 013 amateurs réunis au Colisée ce jour-là, c'est bien Brassard. Alerte, en plein contrôle de la situation et débordant de confiance devant sa cage, le portier visiteur n'avait rien en commun avec l'homme masqué qui avait connu des ratées à Shawinigan six semaines plus tôt et qui avait passé à un cheveu de ne pas débuter le calendrier 2012-2013 en Outaouais. En plus de réaliser 20 arrêts et de donner une chance aux visiteurs de l'emporter jusqu'à la toute fin, Brassard a également permis aux siens d'écouler avec succès les huit avantages numériques accordés aux Remparts. Vraiment, le numéro 31 n'a jamais paru intimidé par l'imposante masse d'amateurs présents à la rencontre et n'avait rien de moins que l'étoffe d'un vétéran de deuxième ou troisième année.
Si vous aviez décidé de vous accorder de petites vacances sur le bord de la mer ou que, pour une raison ou une autre, vous aviez simplement décidé de décrocher des activités quotidiennes du circuit Courteau entre le 14 septembre et le 28 octobre, ne vous en faites pas! Il est fort possible que vous soyez un peu dépassés par le fil des événements et que vous vous demandiez pourquoi Éric Brassard, le même gardien de but qui n'était pas censé débuter la saison actuelle dans la LHJMQ il y a quelques semaines à peine, ait été mandaté afin d'affronter les Remparts ce jour-là. Oui, ça s'en vient!
Entre temps, en Outaouais...
Pour tout dire, Benoit Groulx et son personnel d'entraîneurs n'ont eu d'autre choix que de lui accorder leur vote de confiance. Non, Michael Nishi n'est pas blessé. Robert Steeves l'est toujours, par exemple, mais pas Nishi. L'homme masqué originaire de Toronto est plutôt confiné au bout du banc beaucoup plus souvent qu'à son tour depuis une dizaine de jours. Sans esquisser le moindre son, un peu comme l'avait fait Maxime Clermont en 2010-2011, il attend patiemment son tour. Il attend patiemment son tour puisqu'Éric Brassard ne semble pas trop pressé de lui offrir l'opportunité de racheter un début de saison laborieux.
Oui, il s'en est passé des choses dans les coulisses du Centre Robert-Guertin entre la fin du match préparatoire face aux adolescents de Denis Chalifoux et celle face à ceux de Patrick Roy. Tout d'abord, les amateurs des Olympiques ont dû patienter jusqu'au 31 octobre avant d'apprendre que Simon Bergeron avait été retourné à sa formation de la Ligue de hockey junior AAA du Québec et qu'Éric Brassard était parvenu à convaincre l'organisation gatinoise qu'il possédait tous les outils nécessaires afin de seconder Nishi jusqu'au retour au jeu de Robert Steeves. On parle ici d'un ménage à trois qui aura duré pendant un peu plus d'un mois et où les deux jeunes portiers auront été en constante compétition séance d'entraînement après séance d'entraînement et match après match.
D'un autre côté, je ne suis pas si certain que ça que Bergeron et Brassard aient véritablement eu la chance de se faire valoir en situation de rencontre. Oui, ils ont eu six auditions lors des parties préparatoires, je vous l'accorde, mais depuis le début de la saison régulière, c'était d'abord et avant tout Michael Nishi qui avait la chance de faire ses classes et de guider les Olympiques jusqu'aux plus hauts sommets de la LHJMQ. Écoutez, ce ne sont pas des farces, Nishi a entrepris 15 des 19 premières parties des siens depuis le début de la saison! De ce nombre, il en a remporté seulement quatre, maintenant du même coup une moyenne de buts alloués de 4,13 et un pourcentage d'arrêts de ,874. Avec bon nombre de hauts et de bas et des statistiques aussi révélatrices, il ne faut donc pas chercher de midi à 14 heures afin de comprendre pourquoi la formation outaouaise n'a pas connu les succès escomptés depuis le début du calendrier régulier. Sans jeter tout le blâme sur les épaules du numéro 35, force est d'admettre que le rendement du Torontois est tout simplement inacceptable, on s'entend là-dessus. Surtout pour un gardien de but acquis afin de limiter les dégâts et de permettre aux Olympiques de survivre tant bien que mal en attendant le retour au jeu de Steeves.
Comme il fallait s'y en attendre, la patience de Benoit Groulx a fini par atteindre ses limites. Après avoir offert d’innombrables chances à Michael Nishi de racheter un début de saison pour le moins décevant et d'avoir relégué à profusion le pauvre Éric Brassard aux oubliettes depuis le déclenchement des hostilités, le meilleur entraîneur-chef du circuit Courteau a finalement décidé de lui accorder un premier départ dans la LHJMQ, le 17 octobre dernier, face aux Cataractes. Même s'il n'a disputé que 26 minutes et des poussières ce soir-là et qu'il a concédé deux filets sur huit lancers, il a toutefois obtenu le mandat d'affronter le Titan d'Acadie-Bathurst, neuf petits jours plus tard, lors de sa visite au Centre Robert-Guertin. En repoussant 28 des 31 attaques des visiteurs et en signant son premier gain en carrière dans le circuit, Éric Brassard a rapidement gagné du terrain, racheté un début de saison en demi-teinte et a d'abord et avant tout convaincu le personnel d'entraîneurs des Olympiques de Gatineau du véritable potentiel qui l'habitait.
Depuis ce temps, le jeune Éric Brassard, bien qu'il ait connu deux rencontres pour le moins difficiles le week-end dernier face aux Mooseheads d'Halifax et aux Wildcats de Moncton, a obtenu cinq des six derniers départs du club, maintenu des statistiques beaucoup plus qu'acceptables et a surtout forcé la main de son entraîneur-chef et de ses adjoints à plus d'une occasion. Après avoir eu la peau de Simon Bergeron il y a quelques semaines, voilà qu'il est maintenant en train d'avoir celle du vétéran Michael Nishi. Parlant de Nishi, suis-je le seul qui commence à croire que c'est peut-être lui qui pourrait être appelé à quitter lorsque Robert Steeves reviendra au jeu après les Fêtes? La question mérite d'être posée.
Image: crédit Carole Maheux Photographe © 2010 - Présent, ParlonsJunior.Com |
| Mis à jour le Dimanche, 11 Novembre 2012 21:59 |





Commentaires
Thanks for the interesting read.
AM
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